PIEDS NUS DANS LE PARC (Barefoot in the Park) est un film réalisé par Gene Saks.
Le scénario est écrit par Neil Simon d'après sa pièce de théâtre. La photographie est signée Joseph LaShelle. La musique est composée par Neal Hefti.
Dans les rôles principaux, on trouve : Jane Fonda (Corie Bratter), Robert Redford (Paul Bratter), Charles Boyer (Victor Velasco), Mildred Natwick (Ethel Banks).
Corie et Paul Bratter
(Jane Fonda et Robert Redford)
Jeunes mariés, Corie et Paul Bratter s'offrent une lune de miel de six jours et six nuits à l'Hôtel Plaza à New York. Après ce séjour, Paul doit retourner travailler dans le cabinet d'avocats qui l'emploie tandis que Corie va l'attendre dans l'appartement qu'ils ont loué.
Paul et Corie
L'endroit est au neuvième étage d'un immeuble, très petit et en mauvais état mais il plaît à la jeune femme qui imagine déjà comment elle va l'arranger. Un employé du téléphone vient installer la ligne puis un vieux livreur arrive, essoufflé, avec les cadeaux de mariage envoyés par Ethel, la mère de Corie.
A six heures du soir, Paul rentre du boulot et découvre, médusé, l'appartement dont le chauffage ne fonctionne pas, où leurs meubles n'ont pas été livrés et dont la verrière a un trou qui laisse entrer le froid hivernal de Février.
Victor Velasco, Paul et Corie Bratter, Ethel Banks
(Charles Boyer, Robert Redford, Jane Fonda et Mildred Natwick)
Sur ces entrefaites débarque à l'improviste Ethel, conduite ici par sa soeur Harriet. Paul redescend acheter un remontant pour sa belle-mère mais lorsqu'il revient, elle repart en dissimulant mal son effarement devant ce logement minable. L'épicier a, lui, eu le temps d'informer Paul sur ses voisins, tous des marginaux.
Alors que la nuit est tombée et qu'ils sont couchés à même le sol, encore vêtus de leurs manteaux et enroulés dans une couverture, Corie et Paul voient leur voisin, le vieux et excentrique Victor Velasco, s'introduire chez eux pour accéder au grenier où il habite. La jeune femme l'invite à dîner le Jeudi suivant tandis que lui les convient à un apéritif le lendemain soir. Toujours aussi ravie, Corie téléphone (à deux heures du matin !) à sa mère pour qu'elle vienne elle aussi au repas convenu la semaine prochaine.
Paul et Corie
Le Jeudi suivant, Paul est de bonne humeur car il vient de gagner sa première affaire, même si le fourreur qu'il défendait contre une cliente refusant de le payer n'a été que dérisoirement indemnisé. La soirée arrive et Ethel est épatée par le bon goût avec lequel Corie a réussi a décorer l'appartement.
Puis ils montent jusqu'au grenier de Velasco qui les entraîne dans un restaurant albanais, situé en vérité dans un appartement enfumé et bondé. Seuls Victor et Corie s'amusent dans cette ambiance improbable.
Corie et Paul
Velasco reconduit Ethel. De retour chez eux, Corie et Paul ont une grosse dispute : elle lui reproche de ne pas savoir s'amuser, lui d'être inconséquente. Convaincue qu'ils n'ont rien en commun, elle finit par demander le divorce. Cette nuit-là, Paul dort sur le sofa tandis qu'il neige dans l'appartement à travers la verrière cassée.
Corie et Paul
Le lendemain, Paul se réveille très enrhumé mais Corie est toujours résolue à le quitter. L'employé du téléphone vient réparer leur ligne car Paul l'a endommagé dans un accès de colère la veille au soir, et il est témoin de l'ambiance glaciale entre les deux époux. Puis tante Harriet appelle Corie : Ethel a découché !
La jeune femme va interroger Velasco chez qui elle trouve sa mère : leur voisin s'est cassé un orteil et elle l'a soigné et veillé, en tout bien tout honneur. Pendant ce temps, Paul quitte l'appartement et va se réchauffer dans le parc avec une bouteille de whisky. Convaincue par Ethel qu'elle fait une erreur en se séparant de son mari, Corie part le retrouver. Conscients de leurs erreurs respectives et de l'obligation de davantage tolérer le caractère de l'autre, ils se réconcilient et rentrent chez eux tandis que Velasco et Ethel sortent de l'immeuble, amusés par les emportements romantiques des jeunes.
C'est en découvrant une série de photos promotionnelles pour ce film que j'ai eu envie de le découvrir : une comédie romantique avec un si joli couple, comment résister ?
Bon, ça m'apprendra à être trop enthousiaste car Pieds nus dans le parc, malgré son duo de jeunes vedettes, et une équipe technique prestigieuse, n'a de film que le nom. Avant d'être adapté pour le grand écran par son auteur, il s'agissait d'un pièce de théâtre écrite par Neil Simon qui avait été un énorme succès à Broadway (et qui a souvent été reprise et traduite depuis sa création).
Gene Saks, cinéaste sans talent et acteur occasionnel, a réalisé cela avec une platitude extrême : on ne sort pas du décor, quasi-unique, de l'appartement de tourtereaux, et la caméra est d'une mollesse abominable, peinant presque souvent à suivre les acteurs. Que l'immense chef opérateur Joseph LaShelle ait pu aussi mal éclairer ce long métrage (qui, heureusement, ne tire pas trop à la ligne puisqu'il ne dure que cent minutes) est sidérant, et cette costumière géniale que fut Edith Head a rarement aussi pauvrement habillé les personnages.
L'histoire elle-même a mal vieilli : la vision du couple qu'elle en donne trahit l'époque où elle a été écrite avec monsieur qui fait bouillir la marmite (plutôt chichement d'ailleurs) et madame qui reste à la maison toute heureuse d'attendre son mari en décorant son intérieur et en cuisinant (affreusement mal au point qu'elle grille son four). Rappelons que tout cela date de 1967.
N'y a-t-il donc rien à sauver là-dedans ? Sûrement pas la prestation pathétique de vieux cabot de Charles Boyer (que Billy Wilder décrivit, avec sa malice coutumière, comme un imbécile imbu de lui-même sous ses airs de gentleman), ni le jeu de mémère pincée de Mildred Natwick.
En revanche, on peut s'amuser du spectacle que donne Robert Redford dans ce registre comique où il ne s'estimait pas à l'aise : alors âgé de 31 ans, celui qui n'était pas encore une star mythique n'est pourtant pas ridicule, assumant un rôle ingrat sans chercher à le rendre charmant (pourtant il le pourrait facilement).
Mais ce n'est rien comparé à la bourrasque Jane Fonda, 30 ans : un an avant Barbarella, elle est exquise et pleine d'énergie dans ce rôle d'amoureuse trop légère pour son époux "trop convenable et empesé" (qui lui reproche d'être dépourvue de "sens commun et de maturité"). Jolie comme un coeur, elle fait preuve d'une fantaisie inexploitée durant la suite de sa carrière.
Bref, pour mieux savourer ce duo d'anthologie, mieux vaut (re)voir La Poursuite impitoyable (Arthur Penn, 1966) ou Le Cavalier électrique (Sydney Pollack, 1979).
LES QUATRE MALFRATS (The Hot Rock) est un film réalisé par Peter Yates.
Le scénario est écrit par William Goldman, d'après le roman Pierre qui brûle de Donald Westlake. La photographie est signée Ed Brown. La musique est composée par Quincy Jones.
Dans les rôles principaux, on trouve : Robert Redford (John Dortmunder), George Segal (Kelp), Ron Liebman (Stan Merch), Paul Sand (Allan Greenberg), Moses Gun (Docteur Amusa), Zero Moster (Abe Greenberg).
La Pierre du Sahara
1972, New York City. Le cambrioleur John Dortmunder sort de prison. Il est attendu dehors par Kelp, un ancien complice qui s'est marié à sa soeur cadette, Clara, et travaille désormais comme serrurier. Mais ce n'est qu'une couverture car il a un coup à proposer à Dortmunder.
John Dortmunder, Kelp et le Docteur Amusa
(Robert Redford, George Segal et Moses Gun)
Présenté au Docteur Amusa, le représentant aux Nations Unies d'un petit pays africain, Dortmunder se voit confier la mission de récupérer "la Pierre du Sahara", un diamant actuellement exposé dans un musée. S'il réussit, il recevra, avec ses partenaires, 250 000 $, et le commanditaire leur versera 150 $ par semaine pour leur frais et leur fournira tout le matériel nécessaire à l'opération.
Kelp et Dortmunder
(George Segal et Robert Redford)
Kelp présente Dortmunder à ses acolytes : Stan Merch, spécialiste en véhicules de tous genres, et Allan Greenberg, expert en explosifs - ce dernier suggère de revendre le diamant aux assureurs pour en tirer plus d'argent mais Kelp lui rappelle que s'ils font ça, le Dr. Amusa se vengerait.
Le vol du diamant au musée se déroule presque parfaitement : Stan fait diversion en feignant de perdre le contrôle de sa voiture qui percute l'entrée. Les gardiens sortent pour lui prêter secours, permettant à Dortmunder, Kelp et Allan de s'introduire dans le musée. Ils dérobent le diamant mais, après que Stan ait été évacué en ambulance, les gardiens surprennent les cambrioleurs et réussissent à appréhender Allan... Qui avale le diamant !
Le Dr. Amusa, Abe Greenberg, Dortmunder et Kelp
(Moses Gun, Zero Mostel, Robert Redford et George Segal)
L'avocat d'Allan qui n'est autre que son père, Abe, rencontre le Dr. Amusa, Dortmunder et Kelp pour leur remettre un plan de la prison où est retenu son fils.
Dortmunder et Kelp se glissent, de nuit, dans la cour de la prison puis dans les murs et gagnent l'infirmerie où Allan est conduit après avoir agressé son co-détenu. Ils ressortent pour rejoindre Stan qui les attend avec une voiture à bord de laquelle ils se cachent dans un camion, le temps que la police s'éloigne du quartier.
John Dortumunder, Allan Greenberg, Kelp et Stan Merch
(Robert Redford, Paul Sand, George Segal et Ron Liebman)
Allan révèle alors qu'il a caché le diamant dans la cellule du poste de police où il a été placé en garde en vue avant son incarcération.
Stan atterrit en hélicoptère sue le toit du commissariat de la 9ème Rue et, pendant qu'il lâche dans la rue des bombes fumigènes, Dortmunder, Kelp et Allan s'introduisent dans le poste de police équipés de masques à gaz pour se protéger des lacrymogènes qu'ils y ont lancé. Une nouvelle déconvenue conclut leur expédition : le diamant n'est plus dans la cellule où fut enfermé Allan.
Dortmunder jure qu'il récupérera désormais ce caillou coûte que coûte et comprend alors que c'est Abe qui le détient puisqu'il est le seul autre homme à qui Allan a dit où il était. Menaçant l'avocat, il apprend qu'il a déposé le diamant dans un coffre de la First National City Bank. Mais le cambrioleur ne peut y accéder car la guichetière vérifie la signature de chaque dépositaire.
Dortmunder
Grâce à une complice qui hypnotise le responsable de la salle des coffres au préalable, Dortmunder loue un casier dans la banque et peut ouvrir celui de Abe avec la clé qu'il lui a remis. Il y trouve enfin le diamant et sort de l'établissement avant que l'avocat et le Dr. Amusa, qui a entretemps congédié Kelp, STan et Allan, n'y arrivent.
John rejoint ses acolytes avec le caillou qu'ils vont pouvoir revendre aux assureurs pour être payés.
Les quatre malfrats
Sans doute parce qu'il estimait n'être pas un acteur de comédie, Robert Redford n'a jamais apprécié à sa juste valeur Les Quatre Malfrats, dans lequel il est pourtant excellent mais qui est un film jubilatoire. Il est donc temps de (re)donner envie de voir cet opus !
L'histoire est adapté du roman, traduit en français sous le titre Pierre qui brûle, de génial auteur Donald Westlake, dont l'oeuvre pléthorique compte notamment plusieurs titres consacrés à deux personnages de voleurs totalement opposés : d'un côté, sous le nom de plume de Richard Stark, il y a les aventures de Parker (immortalisé sur grand écran, notamment, par Lee Marvin dans Le Point de non-retour, en 1968 ; et en bande dessinée dans quatre fabuleux albums du regretté Darwyn Cooke), un criminel aussi efficace que violent ; de l'autre, il y a John Dortmunder, un monte-en-l'air aussi inventif que malchanceux (héros de quatre longs métrages en dehors de celui-ci : Blank Shot, de Gower Shampion, avec George C. Scott, en 1974 ; Jimmy le kid, de Gary Nelson, avec Paul Le Mat, en 82 ; Why me ?, de Gene Quintano, avec Christophe Lambert, en 90 ; et Escrocs, de Sam Wiesman, avec Martin Lawrence, en 2001). Mais The Hot Rock demeure la meilleure de ces adaptations.
La réussite doit beaucoup au scénariste William Goldman, qui écrivit déjà le script du mythique Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1968) avec Redford : il a parfaitement compris et su transposé le style de Westlake dans cette aventure rocambolesque, où le suspense et la drôlerie se marient impeccablement. Il glisse même dans la première scène une référence au western de Hill dans le dialogue entre Dortmunder et le directeur de la prison basé sur un échange entre Cassidy et le gouverneur du Wyoming quand le bandit fut libéré !
Puis il a su respecter et animer les personnages : Dortmunder et son trac consécutif à sa déveine persistante (Redford est épatant en planificateur aussi doué que guignard), Kelp et sa susceptibilité (George Segal savoureux en filou insatiable), Greenberg et ses gaffes à répétition (Paul Sand lunaire en fils à papa stupide), et la vantardise de Merch (Ron Liebman - qui jouera plus tard le père de Rachel/Jennifer Aniston dans la série Friends - irrésistible en crâneur crétin). Sans oublier le numéro d'anthologie de Zero Mostel en avocat encore plus crapuleux que les quatre voleurs !
Ensuite, l'intrigue est à la fois solide et loufoque : le diamant ne cesse d'être volé puis perdu puis récupéré, conduisant les malfrats dans des endroits qu'ils fuient d'habitude (une prison, un commissariat). Le crescendo des rebondissements est irrésistible et la malchance qui poursuit les quatre braqueurs nous les rend sympathiques au point qu'on espère qu'ils finiront à la fois par retrouver le caillou et par ne pas être arrêtés par la police. Il faut signaler qu'en Angleterre, le film fut sous-titré Comment voler un diamant (en quatre leçons simples) et, effectivement, il y a quatre actes distincts (le musée, la prison, le poste de police, la banque).
Peter Yates, qui était devenu un cinéaste demandé depuis le succès de Bullitt (1968), met tout cela en scène avec la bonne distance ironique mais jamais condescendante et signe même quelques séquences mémorables (le vol de New York en hélico, où on peut voir le World Trade Center encore en construction).
Malgré une bande originale décevante composée par Quincy Jones (hormis le thème d'ouverture), il est vraiment difficile de ne pas être diverti par ce polar aussi farfelu que trépidant : peut-être que Robert Redford devrait le re-visionner pour admettre qu'il a été trop sévère...
CAPTAIN AMERICA 2 : LE SOLDAT DE L'HIVER (Captain America : The Winter Soldier) est un film réalisé par Anthony et Joe Russo.
Le scénario est signé par Christopher Markus et Stephen McFeely. La photographie est signée Trent Opaloch. La musique est composée par Henry Jackman.
Dans les rôles principaux, on trouve : Chris Evans (Steve Rogers/Captain America), Sebastian Stan (Bucky Barnes/Le Soldat de l'Hiver), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff/Black Widow), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Robert Redford (Alexander Pierce), Anthony Mackie (Samuel Wilson/Falcon), Cobie Smulders (Maria Hill), Toby Jones (Arnim Zola), Emily VanCamp (Sharon Carter), Haley Atwell (Peggy Carter).
Captain America et Black Widow, accompagnés d'un commando (l'unité Strike), doivent intervenir sur un navire détourné par un mercenaire du nom de Batroc, qui tient en otages plusieurs agents du SHIELD. La mission se déroule difficilement : Black Widow la compromet en récupérant des données informatiques détenues par les pirates alors que Captain America l'ignorait et Batroc réussit à s'enfuir. Mais les otages sont récupérés sains et saufs.
Black Widow
(Scarlett Johansson)
Steve Rogers exprime son mécontentement à Nick Fury, le patron du SHIELD, à propos de la conduite de la mission et de la stratégie du SHIELD, qui s'équipe d'un armement lourd destiné à frapper préventivement de futures cibles terroristes. Pour Fury, il s'agit du meilleur moyen de préparer la paix dans le monde ; pour Rogers, il s'agit des prémices d'un règne de terreur.
Alexander Pierce (Robert Redford) et Nick Fury (Samuel L. Jackson)
Cette stratégie, Fury a pu l'élaborer grâce au soutien d'Alexander Pierce, un politicien qu'il a autrefois sauvé et qui représente désormais les intérêts américains auprès du conseil de sécurité mondial.
Fury est victime d'un attaque violente en pleine ville menée par des terroristes habillés en policiers et surtout un mystérieux personnage armé d'un bras mécanique. Le chef du SHIELD comprend qu'une telle opération contre lui n'a pu être commise qu'avec des complicités intérieures à ses services et il se cache chez Rogers à qui il confie une clé USB, contenant les données informatiques recueilles par Black Widow sur le navire détourné par Batroc, en lui conseillant de ne plus faire confiance à personne. Un sniper abat alors Fury et meurt sur la table d'opérations devant Rogers, Natasha Romanoff et Maria Hill (son adjointe).
Captain America s'entretient avec Pierce ensuite, qui est déterminé à venger Fury autant qu'il est convaincu que Rogers semble en savoir plus qu'il ne veut bien le dire sur les raisons pour laquelle leur ami a été tué.
Le héros échappe à une arrestation en quittant le bureau de Pierce mais il devient alors un fugitif recherché, accusé de trahison.
Rogers retourne à l'hôpital, où était admis Fury et où il a caché la clé USB, et y retrouve Black Widow, qui l'a récupérée. Elle est persuadée que Fury a été abattu par un tueur mythique, le Soldat de l'Hiver, auquel elle a eu affaire dans le passé.
Au risque d'être localisés par le SHIELD, Black Widow et Captain America tentent de lire les infos de la clé USB et cela les conduit jusqu'à un centre d'entraînement militaire désaffecté, où Rogers fît ses classes avant de devenir le super-soldat. En inspectant l'endroit, il découvre dans ses sous-sols un vaste complexe informatisé : c'est là, qu'après la Seconde Guerre Mondiale, l'armée fit travailler le scientifique nazi Arnim Zola mais aussi Howard Stark (le père de Tony, alias Iron Man). Zola permit alors à l'Hydra, l'organisation d'espionnage nazie, d'infiltrer le SHIELD au point qu'aujourd'hui toute l'agence est corrompue.
Un missile vient détruire la base et Captain America réussit encore une fois in extremis à s'en sortir avec Black Widow.
Sam Wilson/Le Faucon
(Anthony Mackie)
Ils trouvent refuge chez Sam Wilson, un ancien soldat, qui a démissionné, et que Rogers a rencontré récemment lors d'un footing puis dans une séance de thérapie de groupe. Il avait alors évoqué avec lui ce qu'il pourrait faire si Captain America prenait, lui aussi, sa retraite.
En partageant avec Wilson ce qu'ils ont appris, Rogers et Romanoff en déduisent que l'agent Jasper Sitwell, qu'ils avaient sauvé sur le navire détourné par Batroc, est certainement une taupe au service de l'Hydra. Ils décident alors de le kidnapper pour le faire parler et empêcher que les terroristes nazis infiltrés au SHIELD ne mettent leur plan à exécution en utilisant l'arsenal préventif développé par l'agence.
Sitwell est enlevé et confirme les soupçons de Captain America et Black Widow. Mais le Soldat de l'Hiver et les commando du Strike interviennent alors pour récupérer l'agent et capturer Rogers et Romanoff. Une bataille terrible a lieu alors, durant laquelle Captain America découvre que le Soldat de l'Hiver n'est autre que son ami et ancien compagnon d'armes, Bucky Barnes, qu'il avait cru mort durant une mission durant la guerre.
Bucky Barnes/le Soldat de l'Hiver
(Sebastian Stan)
Rogers, Romanoff et Wilson sont arrêtés et emmenés en lieu sûr. Mais Maria Hill, qui a pris la place d'un membre du Strike, permet au trio de se faire la belle durant le transfert. Elle les conduit ensuite jusqu'à un repaire secret du SHIELD où se trouve... Nick Fury !
Celui-ci a maquillé son décès et récupère encore de ses blessures. Il a la conviction que Pierce est le chef d'orchestre de tous leurs ennuis mais il a un plan pour contrarier le massacre qu'il prépare. Pour cela, il faudra pirater les ordinateurs des trois héliporteurs surarmés du SHIELD et programmés pour cibler des civils - un carnage pour prouver à la fois la force de frappe de l'agence et son contrôle par l'Hydra.
Cependant, Pierce, sachant que Captain America et Black Widow sont au courant de ses projets après avoir interrogé Sitwell, ordonne que Bucky Barnes subisse une nouvelle séance d'électrochocs car il a été troublé par ses retrouvailles avec Rogers. Il doit être prêt à l'affronter de nouveau et à le tuer cette fois.
L'agent 13, Sharon Carter
(Emily VanCamp)
Sam Wilson, devenu le Faucon avec son équipement de vol, et Captain America sont chargés d'attaquer les héliporteurs pour reprogrammer leurs ordinateurs tandis que Fury, Maria Hill et Black Widow investissent le QG du SHIELD pour atteindre Pierce et guider Rogers et son acolyte.
Le Soldat de l'Hiver écarte le Faucon puis affronte Rogers tandis que Pierce est neutralisé. Les héliporteurs s'entredétruisent. Black Widow rend publics tous les dossiers du SHIELD afin de griller aussi les agents infiltrés de l'Hydra.
Black Widow et Steve Rogers/Captain America
(Scarlett Johansson et Chris Evans)
Nick Fury prend le maquis. Natasha Romanoff défie la commission d'enquête de l'arrêter en déclarant que les super-héros sont les derniers protecteurs du monde libre. Steve Rogers reçoit l'aide de Sam Wilson pour partir à la recherche de Bucky Barnes, qui a préféré disparaître à nouveau après avoir recouvert la mémoire durant sa dernière bagarre avec Captain America.
(Deux scènes supplémentaires se déroulent après la fin : la première montre le baron Von Strucker, cadre de l'Hydra, préparant déjà la suite des hostilités avec deux captifs doués de super-pouvoirs - les jumeaux Wanda et Pietro Maximoff alias Scarlet Witch et Quicksilver. La seconde montre Bucky devant le mur dédié à sa biographie dans le musée abritant l'exposition consacrée aux exploits de Captain America durant la guerre.)
Le premier film consacré à Captain America (First Avenger, réalisé par Joe Johnston en 2011) fut une des meilleures productions des studios Marvel et Paramount dans la désormais longue liste d'adaptations des comics de la "maison des idées". Cette réussite allait être confirmée par Avengers de Joss Whedon (en 2012), le troisième plus grand succès commercial de l'histoire du box office mondial.
Depuis, on a eu droit au surprenant Iron Man 3 (inégal mais avec d'excellentes audaces) et au brouillon Thor 2 : Le Monde des Ténèbres (spectaculaire mais un peu alambiqué). C'est dire qu'avec ce nouvel opus l'attente était grande, et la curiosité attisée par le fait que ce sont deux réalisateurs de comédies qui étaient choisis pour le diriger.
Pourtant, inutile de tourner autour du pot, c'est sans doute le meilleur film Marvel de la collection, un film dense et riche en actions, qui redistribue un paquet de cartes pour la suite, et dont le seul bémol réside dans quelques ellipses et le fait que désormais il faut vraiment suivre chaque épisode pour apprécier le produit présenté (les producteurs ont clairement pris le parti de concevoir chaque projet comme un élément d'un univers partagé, avec des références à d'autres personnages et d'autres événements dans des films précédents).
Les scénaristes et les deux réalisateurs ont fait le pari de s'inspirer directement d'une histoire récente des comics de Captain America puisque l'intrigue s'appuie sur le Winter Soldier (le Soldat de l'Hiver), personnage installé au tout début du run d'Ed Brubaker (en 2005). S'il n'est évidemment pas question (ni même possible) d'adapter littéralement les épisodes originaux, c'est la première fois qu'un film emprunte aussi directement à la source et une source aussi récente.
Ce faisant, Captain America 2 est aussi presque davantage un film d'espionnage dans la lignée d'oeuvres américaines des années 70 (comme Les 3 Jours du Condor de Sydney Pollack) qu'un film de super-héros traditionnel - il suffit presque, pour s'en convaincre, au-delà de la trame, de compter les scènes où les héros apparaissent dans leurs costumes de justiciers : dans sa grande majorité, le film nous montre Steve Rogers (même son bouclier n'est jamais loin), Natasha Romanoff et Sam Wilson en civil.
Au-delà de ces considérations vestimentaires, ce qui frappe ici, c'est que le film s'articule autour de quelques scènes d'action très spectaculaires (l'opération sur le navire au début, l'attaque contre Fury, l'évasion de Captain America, la riposte à l'enlèvement de Sitwell, et le long final avec les héliporteurs), pas plus d'une demi-dizaine, ce qui est finalement peu pour un film d'aventures de 2h10, même si chacune dure longtemps et frappe les esprits par sa démesure croissante. Cela signifie qu'entre chacun de ces moments forts se déploie une intrigue complexe mais néanmoins facile à suivre, car linéairement développée et clairement narrée (selon le modèle d'une pelote qu'on déroule, chaque nouvelle découverte conduisant à la suivante jusqu'à la révélation globale du plan des méchants et de la contre-attaque des gentils).
De ce strict point de vue scénaristique, Captain America 2 est le plus abouti de tous les films Marvel (plus même que Avengers), avec des situations surprenantes et obéissant à la logique, des thématiques adultes (un état de terreur contre un état de liberté), des personnages ambivalents (en proie au doute comme Rogers, dépassé par leur propre complicité avec le système comme Fury ou Romanoff, reprenant du service comme Wilson, corrompant le monde comme Pierce).
L'ensemble possède une richesse, une profondeur inédites, qui tout en soignant le divertissement apporte au spectateur de l'épaisseur au propos, aux protagonistes, sans sombrer dans une réflexion trop sérieuse (tout cela a valeur de symbole, à l'image de son héros, et conserve les fantaisies propres au genre, avec son lot de super-soldats revenus d'entre les morts, de barbouzes médusés, etc).
Parfois, toutefois, on devine qu'au montage, le film a sacrifié des éléments du script un peu trop sèchement et si les fans des comics n'auront pas de mal à remplir les blancs, les spectateurs moins initiés trouveront certains aspects vite expédiés ou même carrément nébuleux : celui qui, sans être connaisseur, aura tout compris sur la manière dont Bucky Barnes a non seulement survécu à la guerre mais a été récupéré et conditionné par les nazis avec les quelques flashs rétrospectifs du film pourra s'estimer heureux, et, usant d'un cliché tout aussi rapide, la façon dont le Soldat de l'Hiver est troublé en un regard et une phrase par Steve Rogers au point, à la fin, de recouvrer la mémoire (même si, dans une des deux scènes post-générique, on devine qu'il n'est pas tout à fait remis) est un peu facile.
Sans doute qu'avec quelques minutes en plus (ou en moins pour les scènes d'action, notamment à la fin), tout cela aurait pu être plus intelligemment explicité, mais c'est une faiblesse récurrente chez de nombreux films de super-héros (en particulier chez Marvel) que de sacrifier des tournants psychologiques importants au profit du pur spectacle.
Mais ces réserves ne suffisent pas à gâcher le plaisir pris dans l'ensemble (d'autant qu'on n'a pas droit au quota de répliques soi-disant drôles qui ont entaché les deux Thor ou les deux derniers Iron Man : si le film est plus sombre et sérieux, il n'est pas pour autant trop sombre ni trop sérieux et donc peut se passer de touches pseudo-humoristiques).
On retiendra aussi, autres points positifs, qu'aucun rôle dans une distribution pourtant abondante n'est négligée (à l'exception de l'agent 13, Sharon Carter, mais ce n'est sans doute que partie remise, le personnage semblant promis à revenir dans le prochain épisode).
Ainsi, Captain America est traité comme cet homme hors du temps fidèle aux bandes dessinées, et c'est sa figure idéaliste qui l'empêche d'être une caricature patriotique, un emblème de l'impérialisme américain : ce héros un peu lisse devient de plus en plus touchant car il refuse de n'être qu'un bon soldat, d'adhérer à une politique répressive. Il pense même à raccrocher, ce qui est assez culotté pour ce type de personnage et de film !
Si le Soldat de l'Hiver est donc assez faiblement présenté, il s'avère un adversaire très intéressant et à la cinégénie efficace : il est assez puissant pour impressionner le Captain et visuellement, sa transposition à l'écran est parfaite (le personnage tel que designé par Steve Epting, très respecté ici, était, il faut le dire, taillé pour le cinéma). C'est moins un méchant, certes très physique, qu'un héros perverti et promis lui aussi à être réemployé et resitué dans l'avenir.
La Veuve Noire gagne aussi en épaisseur et en présence à l'image, son duo avec Steve Rogers fonctionne très bien (l'histoire déjoue avec habileté la romance que pouvait suggérer les photos diffusées lors du tournage). Surtout, le personnage obtient un statut bien à lui à la fin de l'aventure, qui va certainement résumer celui de tous les Avengers liés au gouvernement (hors-la-loi ? Electrons libres ? Justiciers indépendants ? Contre pouvoir ?).
L'introduction du Faucon est également une réussite : en tant que Sam Wilson, c'est un second rôle nuancé, qui forme un bon tandem avec Rogers/Cap', fidèle à ce qu'on voit dans les comics. Il dispose de scènes variées, et dans l'action, il offre des séquences vraiment vertigineuses.
Enfin, les personnages de Fury et Pierce s'intègrent aussi de manière épatante à l'intrigue : le premier connaît là son aventure la plus mouvementée où il apparaît dans toute sa splendeur, manipulateur manipulé et revanchard puis prenant le maquis (son retour sera à coup sûr une attraction prometteuse) ; le second est le vrai bad guy de l'affaire, pas simplement un méchant classique mais un ennemi retors qui se dévoile progressivement (même si le fan de comics aura pu fantasmer à une double identité encore plus jubilatoire).
La mise en scène des frères Russo, alors même qu'ils ne sont pas issus du cinéma d'action à grand spectacle, est le grand atout de cette production. Ils ont su trouver la bonne distance pour filmer ce divertissement auquel ils donnent tout le muscle nécessaire quand il le faut, avec des parties très mouvementées, des bastons énergiques, de la tôle froissée à foison, des effets pyrotechniques et du dolby surround en volume suffisant pour tout le monde, mais aussi un vrai soin pour raconter l'histoire de manière lisible, nette, avec des alternances diminuendos-crescendos très maîtrisés.
Et puis il faut reconnaître que Marvel, fort de ses succès antérieurs et donc d'une grosse tirelire, met le paquet et ça se voit sur l'écran : les décors, les véhicules, les costumes, tout le production design est extrêmement luxueux, avec une photo qui sait à la fois mettre en valeur tout ce décorum sans s'arrêter au clinquant. Le triomphe de Avengers a, c'est évident, placé le curseur très haut, il faut dorénavant que chaque film consacré aux membres de l'équipe soit à la (dé)mesure du blockbuster de Whedon, et de ce point de vue, Captain America 2 est le long métrage le plus impressionnant (bien plus que les derniers Iron Man ou les deux Thor). Le film ne faiblit jamais, on en a pour son argent et on sent que l'argent investi a été bien dépensé dans cette optique, qu'il s'agisse du soin apporté à la rédaction du script à l'ampleur désiré pour le mettre en image.
La distribution est aussi enthousiasmante : Chris Evans n'est pas un grand acteur et il ne fait pas non plus de numéro, mais il sait se montrer plus subtil qu'un Chris Hemsworth (qui incarne Thor, un personnage il est vrai plus difficile car plus fantastique) ou un Robert Downey Jr (génial dans la composition mais qui entraîne Iron Man parfois dans le show). Il n'empêche, il a su s'imposer dans le rôle alors que je n'étais pas conquis d'avance.
La grande gagnante de cet opus 2 est toutefois Scarlett Johansson qui, après avoir dû se contenter de quelques scènes frustrantes dans Iron Man 2 et fait à peine plus que de la figuration dans Avengers, a cette fois une vraie partition à jouer. Même si elle ne paraît toujours pas un choix idéal pour incarner la Veuve Noire (on ne croit par exemple pas une seconde qu'elle puisse être une telle combattante, ce qui est quand même embêtant pour jouer une super espionne), elle se défend très bien en restant sobre, charmeuse juste ce qu'il faut, sexy sans être réduite à ça (ne pas la voir évoluer en permanence dans une combinaison noire moulante aide aussi).
Sebastian Stan reprend son rôle de Bucky Barnes tout ayant la lourde tâche d'incarner le Soldat de l'Hiver. Il ne démérite pas, même si, comme je l'ai dit plus haut, le montage du film a un peu trop sacrifié les tourments du personnage. Stan manque un peu de charisme, d'expressivité, mais ses scènes avec Evans sont assez intenses.
LA déception vient d'avoir confié à l'insipide Emily VanCamp le rôle de Sharon Carter. Enfin, "rôle", c'est un bien grand mot : certes, on sent bien qu'il s'agissait de présenter le personnage pour mieux le développer dans le futur, mais la comédienne de la série Revenge est trop fade, elle manque cruellement de présence. Elle ne serait pas là que le film n'en souffrirait pas.
Heureusement, il y a Samuel L. Jackson, toujours impeccable dans son rôle de Nick Fury, et qui, comme Johansson, a vraiment quelque chose à jouer. Il en impose naturellement, la mythologie de l'acteur fétiche de Tarantino bénéficiant à celle du directeur du SHIELD.
Et que dire de la présence de Robert Redford ? Effet garanti que de voir l'interprète de tant de chefs d'oeuvre dans la distribution d'une production Marvel : c'est savoureux de le voir camper le méchant, sans jamais se départir de cette classe folle et de ce charisme intact - ça, c'est de la guest-star !
Captain America 2 remplit donc son contrat - un divertissement bluffant doté d'un scénario malin - mais il fait même mieux que ça, en redessinant le Marvelverse au cinéma (plus de SHIELD, des personnages redéfinis), et en teasant de manière alléchante Avengers 2.